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27/04/2014

Carnet de route du CESP au Bénin

Lundi 7

 

Notre petit déjeuner est composé de baguette et de miel au goût de caramel. Nous hésitons d'ailleurs en pensant qu'il s'agit d'autre chose mais on nous confirme qu'il s'agit bien de miel, ce qui intriguera d'amblée Aurélien quant à savoir ce qui peut bien donner au miel ce goût étonnant...

 

Le responsable des IP au Bénin arrive et Bruno et Grégoire s'empressent de distribuer l'argent de poche à chacun. Et comme 1€50cents équivaut à 1000 Fr CFA, nous voilà en possession d'une masse imposante de billets, ce qui est déroutant !

 

A 10h, nous sommes tous au poste, pour le rdv avec les correspondants avec lesquels nous allons passer 2h afin de faire plus ample connaissance.

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Les binômes se forment rapidement et les uns partent au marché tandis que les autres se rendent dans leur famille. De notre côté, nous restons entre profs et nos correspondants nous emmènent découvrir le Séminaire Saint Pierre, véritable havre de paix, au calme, en pleine nature. L'occasion de découvrir différents arbres et plantes aux vertus diverses et de leur poser des questions sur les croyances, le rôle de ce que nous appellerions un « rebouteux » ou encore sur la place de la femme dans le foyer.

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De retour à midi, « la pression monte », certains enchantés de leur matinée et déjà impatients de passer 24h avec leur correspondant dans quelques jours, et d'autres plus dubitatifs quant à l'idée de passer la nuit dans une famille béninoise.... Nous mangeons chez la belle-mère de Mathieu, l'un de nos guides béninois. Au menu : igname pilé, poulet, sauce tomatée.

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Pendant qu'un groupe se réunit à l'école pour finaliser les chants et la « mini veillée » organisée pour la soirée métissée, un autre se rend au marché pour acheter les ingrédients nécessaires au repas. Les écoppes sont multiples et nous devons faire attention où nous mettons les pieds car de nombreux enfants en bas âge et bébés dorment à même le sol sous les étales ou à côté de celles-ci. Et puis, pas simple de négocier les prix en tant que « Yovo » (blanc) !

 

De retour à l'école, il n'est pas évident non plus de cuisiner de si grandes quantités avec si peu de matériel : deux couteaux pour découper une pièce de boeuf entière de 10Kg ! Sans compter la quantité d'oeufs à casser pour notre entrée pour plus de 40 personnes ! Et la quantité de riz à cuire ! Et sans oublier le réchaud unique qui nous sert à tout... ce qui nous oblige à « adapter » nos recettes et à utiliser des méthodes qu'il vaudrait mieux ne pas révéler à l'Afsca !!!!

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Cela n'arrive pas tous les jours non plus de cuisiner dehors et d'être interrompus par un terrible orage qui nous oblige à rentrer dans la précipitation, à cuisiner en partie dans le noir et trempés jusqu'aux os !Mais nous nous en sortons quand-même dignement avec une entrée et un plat, qui oscille finalement entre la carbonnade et le waterzooï !

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On décide de faire l'impasse sur le dessert car nous manquons tout simplement de récipients pour la préparation et le service et on décide d'offrir nos plaquettes de chocolat à nos chauffeurs et nos guides préférés !

 

 

Quant à nos correspondants, ils nous avaient préparé de la pâte noire (igname séché), du poisson frit, des dés de soja et un légume pimenté qui ressemble à nos épinards... Délicieux pour certains, plus difficile à apprécier pour d'autres... Certains palais mettront un peu de temps à s'habituer aux textures et aux goûts de la cuisine béninoise.

 

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Nous terminons la journée autour de ce repas métissé en offrant les t-shirt que nous avions ramenés pour nos correspondants et en leur contant et chantant le récit de la naissance de notre projet et de notre arrivée au Bénin.

 

Nous prolongerions bien l'échange avec les correspondants mais, si la journée fut riche en émotions, les suivantes risquent de l'être tout autant et il nous faut donc penser à rentrer !

Julie

Vous souhaitez connaître la suite des aventures de notre groupe ?Alors revenez très vite nous voir pour l'épisode des leuzois au travail chez les béninois le mardi 8...Tout un spectacle !

Noémie va vous conter cette journée exceptionnelle dès ce dimanche!

 

24/04/2014

Carnet de route du CESP au Bénin

Dimanche 6

Après une nuit de sommeil réparateur - ou pas trop, selon les cas, nous nous retrouvons, bagages bouclés, à l'accueil du centre. Il fait déjà moite et lourd, nous entendons des oiseaux s'exprimer au loin.

 

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Quelques caïmans prennent leur bain dans un bassin près de notre logement, nous n'avons pas pu en faire autant : une petite douche, à l'eau froide, prise à la hâte hier soir afin de nous rafraîchir un peu après notre long périple.

C'est l'heure de se retrouver autour d'une table pour partager notre premier petit déjeuner local : baguettes de pain blanc, beurre doux, confiture d'ananas, nescafé...P1180001.JPG

Nous faisons la connaissance de Valentin, journaliste à La Libre Belgique, qui nous accompagnera dans notre voyage jusqu'au nord du pays. Il passera quelques jours avec nous et nos correspondants de l'école de Natitingou, avec qui nous avons rendez-vous ce soir, à l'issue de notre journée marathon.

9 heures : il est grand temps de se mettre en route. C'est dimanche, et ce matin, comme tous les dimanches, l'ensemble de la population se prépare à la pratique traditionnelle du culte : les catholiques se rendent en famille à l'office, se retournant à peine de notre présence, tant est grand leur recueillement...

Et c'est parti pour 11 heures d'un périple incroyable qui nous amène à traverser le pays du sud au nord, sur environ 700 kilomètres.

 

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Quel spectacle !! Les kilomètres défilent, et avec eux les images que nous n'oublierons jamais : nous roulons sur une route bétonnée, dont le revêtement s'est abîmé au fil du temps, laissant réapparaître ce sol typique de l'Afrique équatoriale, qualifié de latérite, sous forme de trous, plus ou moins grands, qu'il nous faut éviter à tout prix, au risque d'y laisser un pneu...ce qui arrivera à plusieurs reprises. Heureusement, Ignace et Francis, nos chauffeurs, sont passés maîtres dans l'art de changer une roue.100_3500.JPG

 

 

 

 

Devant nos yeux se suivent des petites échoppes de mangues, tomates, oignons, poudre d'igname ou de manioc, tenues par des femmes et leurs enfants qui, lorsqu'ils en ont l'opportunité, nous interpellent afin de nous convaincre d'acheter leurs produits.

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Un autre commerce est également omniprésent : celui de l'essence, vendue sur de petites tables, et conditionnée dans des bouteilles de verre ou de plastique ou, dans le meilleur des cas, dans des jerrycans. Elle est versée dans le réservoir à l'aide d'entonnoirs, recouverts d'un linge. C'est l'affaire de toute la famille.

De grands sacs en toile abritent le charbon de bois, préparé (brûlé et coupé) par les femmes, qui le vendent en tant que combustible pour cuisiner.

Des fabricants de cercueils aménagent leur devanture de façon originale, les mécaniciens installent des pneus suspendus recouverts de papier coloré pour signaler qu'ils effectuent des réparations.

Nous traversons des villages regroupés le long de la route, où une population très nombreuse partage les abris, parfois de petites maisons, avec des chèvres, des chiens, des poules et des cochons. Les enfants marchent seuls le long de la route, pourtant très dangereuse, dès leur plus jeune âge, transportant parfois sur le dos un petit frère ou une petite soeur.

Nous dépassons des motos conduites parfois par de jeunes garçons (ils peuvent les conduire sans permis dès l'âge de 12 ans). Derrière eux leur mère, portant un énorme colis sur la tête, plus quelque autre frère, soeur, chiens, cochon...voire même des marchandises aussi variées que des linteaux, des chaises, des branches d'arbres, des sacs de charbons de bois, des cercueils...

Nous atteignons Nati à la nuit tombée, et sommes accueillis au sein de l'école par nos correspondants, qui nous servent un jus de citron des plus rafraîchissants et des beignets de bananes, de haricots, de l'igname et des galettes de blé.

Les binômes se forment rapidement.

Il est temps de prendre un repas rapide, suivi d'une nuit réparatrice...

Valérie

Carnet de route du CESP au Bénin

Samedi 5

Voici une des multiples facettes de notre premier jour: la suite demain...

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8h15 gare de Leuze. Soleil voilé. Arrivées par poignées dans le calme (quiétude ou anxiété ?). Premier moment de rassemblement solennel. Aussi vite que la capillarité des gouttes d’eau sur le pare-brise, le rassemblement se fait plus présent.

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Il est temps de se quitter pour mieux nous retrouver. Le train est en retard comme pour déjà nous habituer à la rythmique de vie africaine…On s’inquiète un peu (sans doute pour la dernière fois). Ca y est ! Nous sommes partis.  Premiers rires, on se relâche. Changement de train à Bruxelles : anecdotique.

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Arrivée à l’aéroport de Bruxelles. La sensation de voyage s’empare de nous. On s’installe, on s’éparpille quelque peu. Check-up, bon débarras des sacs déjà trop superflus dans notre esprit. Photo officielle des IDP (Ile De Paix). Passage rapide en zone franchisée, quelques emplettes vite faites mal faites, contrôle scanner, nous voilà tous passés au peigne fin. Quelques escalators montants, descendants, plats, longs, comme si on nous faisait impatienter jusqu’au bout. Enfin la porte du Bénin se profile à l’horizon. Un panneau nous indique 12 minutes pour la porte d’embarquement : on s’en moque éperdument. Ultimes contrôles avant d’atteindre la dernière porte, celle qui nous ouvre définitivement la voie vers notre destinée. Un sentiment de non-retour envahit l’esprit de certains. Nous sommes confortablement installés dans l’avion partenaire de notre projet.

 

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Notre euphorie est rapidement mise en berne par un document réveillant notre conscience (il y a 10 ans le génocide du Rwanda frappait).  Nous sommes plongés dès le départ dans le climat (au sens le plus large) morbide de cette partie de l’histoire du peuple rwandais en particulier et centre-africain en général. Ce rappel historique refroidit quelque peu notre ardeur et nous fais comprendre combien nous sommes tous vulnérables, fragiles et génocidaires dans l’âme…Un avant-goût d’une des mille facettes de l’Afrique si lointaine géographiquement ce matin, déjà si proche à présent.

Les contre-courants s’enchaînent, le repas chaud et copieux fait presque déjà oublier notre responsabilité indirecte dans les différents génocides. Mais cette parenthèse de confort sera très courte : personne n’en doute un instant.

Quittant les Baléares, nous survolons (pour la première fois pour la plupart d’entre-nous) le continent africain. Lentement mais surement, l’ambiance et la chaleur du Continent hument notre habitacle. Atterrissage en douceur et sans douleurs. A peine la porte de l’Airbus entr’ouverte que l’air subéquatorial (chaud et humide) remplit nos poumons. Tout de suite, nous comprenons que nous sommes en plein cœur de l’Afrique. Nous passons du statut de  pseudo-touristes à celui de yovo (dites blanc en français) en territoire noir.

 

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La chaleur moite, les uniformes des douaniers, les infrastructures sommaires fondent sur nous. Nous sommes soumis (à chacun son tour dira l’histoire). On se laisse guider par les chauffeurs des deux minibus qui seront sans le soupçonner notre seconde résidence durant notre périple. La traversée de la capitale économique du pays (Cotonou) se fait par les artères rectilignes jonchées de petits vendeurs de toutes sortes de petites choses et autres, le tout dans un flux continu, ininterrompu, sans fin…ou presque. Des kms et des kms de marchés nocturnes et permanents. Sauf qu’ici les parkings de ces « super »marchés sont inexistants. Les rues sont les allées de ces magasins, les deux-roues motorisés (le véhicule Roi) remplacent le caddy.

 

Arrivée au Centre Sanghai à Porto Novo (la capitale politique du pays). Premier arrêt, premier repas béninois (le contenu reste encore une surprise !).

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Au loin les concerts et l’ambiance musicale et dansante nous accompagnent durant cette première soirée en terre centre-africaine. Les bruits de la ville ont vite étouffé la musique alors que nous essayons de trouver un quelconque sommeil réparateur, un peu perdus au milieu de cette ambiance particulière.

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Un cafard partage ma chambre, d’autres dorment en d’autres compagnies sans le savoir : il vaut parfois mieux ne pas tout savoir… 

Bruno