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28/04/2014

Carnet de route du CESP au Bénin

Mardi 8

Dispatching des troupes chez les professionnels locaux. Un orphelinat, un agriculteur, une couturière, un garagiste. Grégoire et Bruno sont directement engagés pour poncer deux véhicules destinés à être repeints et vendus sur Natitingou (nom de la ville signifiant écraseurs de maïs).

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Damien, le patron, et 5 à 6 apprentis qu’il se doit de nourrir le jour pour la durée de leur formation (5 à 6 ans) s’affairent dans tous les sens. Un soudeur ici, un mécanicien là. La voiture poncée et bichonnée par nos soins sera revendue d’ici peu pour quelques 2 à 3 000 euros (l’équivalent de 10 à 12 mois de salaire moyen).

Damien veut venir en Belgique pour travailler dans un garage… Il comprend vite aux dires de nos explications que notre eldorado cache souvent des perspectives de déboires…

Une bière béninoise offerte, une invitation à manger le soir que l’on décline poliment ; pour un peu on serait vite intégré à l’équipe. A propos notre ami Grégoire oublie presque d’arrêter sur le temps de midi !

Retour au garage l’après-midi. Notre super apprenti Grégoire termine minutieusement son travail de sape. Entretemps, Emilie nous rejoint pour préparer un autre véhicule pour la mise à peinture demain.100_3645.JPG

Ibrahim et les autres apprentis s’appliquent entre deux pauses évasives. Très vite, le frère du garagiste, un homme de classe sociale plus aisé accourent pour la causette. Comme si ils avaient senti l’odeur de la bière et des sucreries offertes par nos soins cette fois-ci.

Tout se termine dans une ambiance conviviale ou chacun raconte sa vie. On s’échange nos adresses. On se croirait presque dans une colonie de vacances.

 

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Fin de journée. Nous repassons prendre nos apprentis couturières, nos coiffeuses tressées et déstressées, les pseudo-éducatrices ravies de leur journée passée à l’orphelinat. Tout le monde semble comblé de cette après-midi.

 

 

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Soirée resto, apéro Bruno (53 tiges cela se fête) et dodo…

A demain pour la mystérieuse histoire du baobab, des tata somba et des secrets de fabrication multiples et des danses qui nous ont mis en transe...

27/04/2014

Carnet de route du CESP au Bénin

Lundi 7

 

Notre petit déjeuner est composé de baguette et de miel au goût de caramel. Nous hésitons d'ailleurs en pensant qu'il s'agit d'autre chose mais on nous confirme qu'il s'agit bien de miel, ce qui intriguera d'amblée Aurélien quant à savoir ce qui peut bien donner au miel ce goût étonnant...

 

Le responsable des IP au Bénin arrive et Bruno et Grégoire s'empressent de distribuer l'argent de poche à chacun. Et comme 1€50cents équivaut à 1000 Fr CFA, nous voilà en possession d'une masse imposante de billets, ce qui est déroutant !

 

A 10h, nous sommes tous au poste, pour le rdv avec les correspondants avec lesquels nous allons passer 2h afin de faire plus ample connaissance.

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Les binômes se forment rapidement et les uns partent au marché tandis que les autres se rendent dans leur famille. De notre côté, nous restons entre profs et nos correspondants nous emmènent découvrir le Séminaire Saint Pierre, véritable havre de paix, au calme, en pleine nature. L'occasion de découvrir différents arbres et plantes aux vertus diverses et de leur poser des questions sur les croyances, le rôle de ce que nous appellerions un « rebouteux » ou encore sur la place de la femme dans le foyer.

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De retour à midi, « la pression monte », certains enchantés de leur matinée et déjà impatients de passer 24h avec leur correspondant dans quelques jours, et d'autres plus dubitatifs quant à l'idée de passer la nuit dans une famille béninoise.... Nous mangeons chez la belle-mère de Mathieu, l'un de nos guides béninois. Au menu : igname pilé, poulet, sauce tomatée.

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Pendant qu'un groupe se réunit à l'école pour finaliser les chants et la « mini veillée » organisée pour la soirée métissée, un autre se rend au marché pour acheter les ingrédients nécessaires au repas. Les écoppes sont multiples et nous devons faire attention où nous mettons les pieds car de nombreux enfants en bas âge et bébés dorment à même le sol sous les étales ou à côté de celles-ci. Et puis, pas simple de négocier les prix en tant que « Yovo » (blanc) !

 

De retour à l'école, il n'est pas évident non plus de cuisiner de si grandes quantités avec si peu de matériel : deux couteaux pour découper une pièce de boeuf entière de 10Kg ! Sans compter la quantité d'oeufs à casser pour notre entrée pour plus de 40 personnes ! Et la quantité de riz à cuire ! Et sans oublier le réchaud unique qui nous sert à tout... ce qui nous oblige à « adapter » nos recettes et à utiliser des méthodes qu'il vaudrait mieux ne pas révéler à l'Afsca !!!!

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Cela n'arrive pas tous les jours non plus de cuisiner dehors et d'être interrompus par un terrible orage qui nous oblige à rentrer dans la précipitation, à cuisiner en partie dans le noir et trempés jusqu'aux os !Mais nous nous en sortons quand-même dignement avec une entrée et un plat, qui oscille finalement entre la carbonnade et le waterzooï !

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On décide de faire l'impasse sur le dessert car nous manquons tout simplement de récipients pour la préparation et le service et on décide d'offrir nos plaquettes de chocolat à nos chauffeurs et nos guides préférés !

 

 

Quant à nos correspondants, ils nous avaient préparé de la pâte noire (igname séché), du poisson frit, des dés de soja et un légume pimenté qui ressemble à nos épinards... Délicieux pour certains, plus difficile à apprécier pour d'autres... Certains palais mettront un peu de temps à s'habituer aux textures et aux goûts de la cuisine béninoise.

 

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Nous terminons la journée autour de ce repas métissé en offrant les t-shirt que nous avions ramenés pour nos correspondants et en leur contant et chantant le récit de la naissance de notre projet et de notre arrivée au Bénin.

 

Nous prolongerions bien l'échange avec les correspondants mais, si la journée fut riche en émotions, les suivantes risquent de l'être tout autant et il nous faut donc penser à rentrer !

Julie

Vous souhaitez connaître la suite des aventures de notre groupe ?Alors revenez très vite nous voir pour l'épisode des leuzois au travail chez les béninois le mardi 8...Tout un spectacle !

Noémie va vous conter cette journée exceptionnelle dès ce dimanche!

 

24/04/2014

Carnet de route du CESP au Bénin

Dimanche 6

Après une nuit de sommeil réparateur - ou pas trop, selon les cas, nous nous retrouvons, bagages bouclés, à l'accueil du centre. Il fait déjà moite et lourd, nous entendons des oiseaux s'exprimer au loin.

 

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Quelques caïmans prennent leur bain dans un bassin près de notre logement, nous n'avons pas pu en faire autant : une petite douche, à l'eau froide, prise à la hâte hier soir afin de nous rafraîchir un peu après notre long périple.

C'est l'heure de se retrouver autour d'une table pour partager notre premier petit déjeuner local : baguettes de pain blanc, beurre doux, confiture d'ananas, nescafé...P1180001.JPG

Nous faisons la connaissance de Valentin, journaliste à La Libre Belgique, qui nous accompagnera dans notre voyage jusqu'au nord du pays. Il passera quelques jours avec nous et nos correspondants de l'école de Natitingou, avec qui nous avons rendez-vous ce soir, à l'issue de notre journée marathon.

9 heures : il est grand temps de se mettre en route. C'est dimanche, et ce matin, comme tous les dimanches, l'ensemble de la population se prépare à la pratique traditionnelle du culte : les catholiques se rendent en famille à l'office, se retournant à peine de notre présence, tant est grand leur recueillement...

Et c'est parti pour 11 heures d'un périple incroyable qui nous amène à traverser le pays du sud au nord, sur environ 700 kilomètres.

 

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Quel spectacle !! Les kilomètres défilent, et avec eux les images que nous n'oublierons jamais : nous roulons sur une route bétonnée, dont le revêtement s'est abîmé au fil du temps, laissant réapparaître ce sol typique de l'Afrique équatoriale, qualifié de latérite, sous forme de trous, plus ou moins grands, qu'il nous faut éviter à tout prix, au risque d'y laisser un pneu...ce qui arrivera à plusieurs reprises. Heureusement, Ignace et Francis, nos chauffeurs, sont passés maîtres dans l'art de changer une roue.100_3500.JPG

 

 

 

 

Devant nos yeux se suivent des petites échoppes de mangues, tomates, oignons, poudre d'igname ou de manioc, tenues par des femmes et leurs enfants qui, lorsqu'ils en ont l'opportunité, nous interpellent afin de nous convaincre d'acheter leurs produits.

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Un autre commerce est également omniprésent : celui de l'essence, vendue sur de petites tables, et conditionnée dans des bouteilles de verre ou de plastique ou, dans le meilleur des cas, dans des jerrycans. Elle est versée dans le réservoir à l'aide d'entonnoirs, recouverts d'un linge. C'est l'affaire de toute la famille.

De grands sacs en toile abritent le charbon de bois, préparé (brûlé et coupé) par les femmes, qui le vendent en tant que combustible pour cuisiner.

Des fabricants de cercueils aménagent leur devanture de façon originale, les mécaniciens installent des pneus suspendus recouverts de papier coloré pour signaler qu'ils effectuent des réparations.

Nous traversons des villages regroupés le long de la route, où une population très nombreuse partage les abris, parfois de petites maisons, avec des chèvres, des chiens, des poules et des cochons. Les enfants marchent seuls le long de la route, pourtant très dangereuse, dès leur plus jeune âge, transportant parfois sur le dos un petit frère ou une petite soeur.

Nous dépassons des motos conduites parfois par de jeunes garçons (ils peuvent les conduire sans permis dès l'âge de 12 ans). Derrière eux leur mère, portant un énorme colis sur la tête, plus quelque autre frère, soeur, chiens, cochon...voire même des marchandises aussi variées que des linteaux, des chaises, des branches d'arbres, des sacs de charbons de bois, des cercueils...

Nous atteignons Nati à la nuit tombée, et sommes accueillis au sein de l'école par nos correspondants, qui nous servent un jus de citron des plus rafraîchissants et des beignets de bananes, de haricots, de l'igname et des galettes de blé.

Les binômes se forment rapidement.

Il est temps de prendre un repas rapide, suivi d'une nuit réparatrice...

Valérie