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24/04/2014

Carnet de route du CESP au Bénin

Dimanche 6

Après une nuit de sommeil réparateur - ou pas trop, selon les cas, nous nous retrouvons, bagages bouclés, à l'accueil du centre. Il fait déjà moite et lourd, nous entendons des oiseaux s'exprimer au loin.

 

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Quelques caïmans prennent leur bain dans un bassin près de notre logement, nous n'avons pas pu en faire autant : une petite douche, à l'eau froide, prise à la hâte hier soir afin de nous rafraîchir un peu après notre long périple.

C'est l'heure de se retrouver autour d'une table pour partager notre premier petit déjeuner local : baguettes de pain blanc, beurre doux, confiture d'ananas, nescafé...P1180001.JPG

Nous faisons la connaissance de Valentin, journaliste à La Libre Belgique, qui nous accompagnera dans notre voyage jusqu'au nord du pays. Il passera quelques jours avec nous et nos correspondants de l'école de Natitingou, avec qui nous avons rendez-vous ce soir, à l'issue de notre journée marathon.

9 heures : il est grand temps de se mettre en route. C'est dimanche, et ce matin, comme tous les dimanches, l'ensemble de la population se prépare à la pratique traditionnelle du culte : les catholiques se rendent en famille à l'office, se retournant à peine de notre présence, tant est grand leur recueillement...

Et c'est parti pour 11 heures d'un périple incroyable qui nous amène à traverser le pays du sud au nord, sur environ 700 kilomètres.

 

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Quel spectacle !! Les kilomètres défilent, et avec eux les images que nous n'oublierons jamais : nous roulons sur une route bétonnée, dont le revêtement s'est abîmé au fil du temps, laissant réapparaître ce sol typique de l'Afrique équatoriale, qualifié de latérite, sous forme de trous, plus ou moins grands, qu'il nous faut éviter à tout prix, au risque d'y laisser un pneu...ce qui arrivera à plusieurs reprises. Heureusement, Ignace et Francis, nos chauffeurs, sont passés maîtres dans l'art de changer une roue.100_3500.JPG

 

 

 

 

Devant nos yeux se suivent des petites échoppes de mangues, tomates, oignons, poudre d'igname ou de manioc, tenues par des femmes et leurs enfants qui, lorsqu'ils en ont l'opportunité, nous interpellent afin de nous convaincre d'acheter leurs produits.

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Un autre commerce est également omniprésent : celui de l'essence, vendue sur de petites tables, et conditionnée dans des bouteilles de verre ou de plastique ou, dans le meilleur des cas, dans des jerrycans. Elle est versée dans le réservoir à l'aide d'entonnoirs, recouverts d'un linge. C'est l'affaire de toute la famille.

De grands sacs en toile abritent le charbon de bois, préparé (brûlé et coupé) par les femmes, qui le vendent en tant que combustible pour cuisiner.

Des fabricants de cercueils aménagent leur devanture de façon originale, les mécaniciens installent des pneus suspendus recouverts de papier coloré pour signaler qu'ils effectuent des réparations.

Nous traversons des villages regroupés le long de la route, où une population très nombreuse partage les abris, parfois de petites maisons, avec des chèvres, des chiens, des poules et des cochons. Les enfants marchent seuls le long de la route, pourtant très dangereuse, dès leur plus jeune âge, transportant parfois sur le dos un petit frère ou une petite soeur.

Nous dépassons des motos conduites parfois par de jeunes garçons (ils peuvent les conduire sans permis dès l'âge de 12 ans). Derrière eux leur mère, portant un énorme colis sur la tête, plus quelque autre frère, soeur, chiens, cochon...voire même des marchandises aussi variées que des linteaux, des chaises, des branches d'arbres, des sacs de charbons de bois, des cercueils...

Nous atteignons Nati à la nuit tombée, et sommes accueillis au sein de l'école par nos correspondants, qui nous servent un jus de citron des plus rafraîchissants et des beignets de bananes, de haricots, de l'igname et des galettes de blé.

Les binômes se forment rapidement.

Il est temps de prendre un repas rapide, suivi d'une nuit réparatrice...

Valérie

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